Mille excuses!

Je vous prie de me pardonner mille fois parce que je vous présente mille fois mes excuses pour cette longue absence non prévue et pour les non-réponses aux commentaires.  Il eut un temps où je n’aurais pas été autorisé à entrer en classe après un tel retard. J’aurais sans doute même eu droit à recopier quelques lignes du style: Je n’arriverais plus en retard en classe. 

Je n’arriverais plus en retard en classe. 

Je n’arriverai plus en retard en classe. 

Je n’arriverais plus en retart en classe. 

Je n’arriverais plus en retard en claçe. 

Je n’arriverais pas en pétard avec ma glace. 

… Bon on va s’arrêter là sous peine d’avoir des lignes en plus. Bon dois-je me mettre à plat ventre pour me faire pardonner? Je le ferais volontiers. Voilà qui est fait. Vous n’avez pas vu? Il faut pas pousser le bouchon trop loin non plus. Je ne recommencerais pas. Vous n’aviez qu’à être attentifs. Na!

Parlons bien, parlons peu. Il s’est passé beaucoup beaucoup beaucoup de choses ces dernières longues semaines: la fin des études, des concours, un boulot trouvé, une nouvelle ville au bord de la mer, un petit ami présenté aux parents (ce n’est toujours pas vraiment digéré, mais l’appareil digestif est en bonne voie de rétablissement), des vacances en Bretagne, un pardon à Sainte-Anne-des-Bois, deux mariages, dont un demain où je suis témoin, des apéros, chez suzanne et les voisins dans le jardin, des cèpes en pagaille (environ vingt kilos) à  cuisiner, manger et mettre en bocaux, un déménagement, quitter Suzanne qui a promis de venir nous voir rapidement … Puis il y a les projets: continuer des études de droit éventuellement, un mariage en février en Irlande où je suis encore témoin (d’où la nécessité de reprendre l’anglais, ce qui risque d’être un chantier au bas mot pharaonique), se faire aimer de ces nouveaux collègues et chefs, apprendre mon nouveau métier et essayer d’y être le plus compétent possible, reprendre plus sérieusement l’équitation, continuer à faire du rameur, continuer à être très amoureux, reprendre plus sérieusement la chine, continuer abusivement les lectures en retard, … oui ça fait beaucoup. Mais c’est un peu pour présenter mes excuses par avance voyez-vous. Histoire de vous dire que j’aurais peut être du mal à alimenter plus régulièrement ce blog… 

 Enfin vous voyez que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. J’ai aussi un mal de fou à prendre du temps pour venir sur vos blogs respectifs mes amis, mais pensez bien que je pense à vous! Je pense en particulier à Didyme, Ben, Corto, Croki, Elie-Marie,  Ephrem, Boutfil, Tambour-major et tant d’autres sur ce blog ou dans ma liste personnelle. Une pensée aussi pour ceux, comme Marianne que je connais un peu mais qui n’ont pas de blogs, mais qui sont de la famille des blogueurs quand même Clin doeil

A très vite. Je vous embrasse et passez un bon week-end, une bonne semaine, un bon mois, une bonne fête de Toussaint, un Joyeux Noël, une Bonne année et une Joyeuse Pâques (on n’est jamais assez prudent, parfois le temps passe plus vite qu’on ne le voudrait….) !! 



Félicie et moi aussi!

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Lors d’une réponse formulée à  l’un de mes commentaires, l’ami Corto soulignait avec ironie que ma fibre monarchiste était remontée à bloc! Et bien oui. Et j’assume! Mais faisons un petit tour d’horizon pour expliquer le pourquoi du comment sur cette fibre monarchiste.

Tout a (re)commencé avec Une femme en exil. Ce livre a été pour moi un retour aux sources tout en étant une révélation sur des sentiments que je ne savais pas expliquer. Il y eut une époque où j’étais jeune (bon certes je n’ai que vingt cinq ans), con (ça, ça ne se change pas comme ça) et royaliste convaincu. Avec cette biographie je crois que j’ai compris pourquoi j’avais été (et sans doute pourquoi au fond je le reste un peu…) « royco ». Ces sentiments se sont aussi rappelés à moi en voyant un film. Bon mais commençons les explications dans le bon ordre.

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Félicie de Fauveau, par Ary Scheffer, 1829, musée du Louvre

 Emmanuel de Waresquiel, excellent historien, malheureusement trop peu connu à mon avis, a tenté d’écrire la biographie  (au moins une partie) d’une grande artiste romantique: Félicie de Fauveau. La connaissez vous? Elle connut la gloire sous le règne de Charles X et de Louis-Philippe. Mais exilée à Florence, ses oeuvres sont tombées dans l’oubli et l’indifférence du grand public. Si elle semble être touche à tout, elle se donne surtout complètement à la sculpture. Inspiratrice de Dumas et de Musset, muse et amie de nombreux autres romantiques, elle annonce les préraphaélites. Bref une femme d’exception dans la carrière des Arts. Mais pas seulement. Et c’est là que pour moi le propos de Waresquiel est devenu plus qu’intéressant!

Issue d’une famille fraîchement anoblie et légitimiste, elle se lance corps et âme dans la révolte menée par la duchesse de Berry contre l’usurpateur Louis-Philippe. Si Félicie ne semble pas avoir d’idéologie ou de philosophie politique à défendre, son engagement légitimiste est finalement logique. Elle appartient à une génération de jeunes gens et d’artistes, qui en réaction au cartésianisme des Lumières et de la Révolution, cherchent à faire exprimer les sentiments humains les plus purs, les plus ancrés. Ceux liés au passé, au fantastique, aux mystères, mais aussi à la mort. Alors quoi de plus naturel que de s’engager totalement en faveur d’une monarchie de droit divin où le roi est sacré? Quoi de plus normal que de chercher à sacrifier sa vie pour un idéal qui la dépasse? Quoi de plus normal que d’être prêt à vivre les pires humiliations de la police pour une cause quasi-divine? Il faut ajouter à cela qu’elle connaîtra à la fois et la douceur de l’amour pur de la marquise de La Rochejacquelin, née duchesse de Durfort-Duras, pour laquelle Félicie avait créé une armure digne des plus grands rois du XVIe siècle, mais aussi l’amour secret du très beau Charles Boisnormand de Bonnechose, mort à vingt ans. Fidèle à ses principes et à sa colère elle vécu les cinquante deux dernières années de sa vie à Florence , en exil, où elle travaille à son oeuvre. La révolte et l’engagement de cette femme est une forme de recherche artistique! Je crois que je partage totalement cette façon de voir le monde et les choses. Voilà pourquoi j’étais royaliste. Par pur sentimentalisme (même si le mot n’est pas très heureux je crois).

Après ce livre il eut un film: Chouans! de Philippe de Broca. En le revoyant je me suis rendu compte combien certains personnages et l’atmosphère du film rendent très bien compte de ce que j’ai pu décrire au sujet du romantisme politique de Félicie de Fauveau. L’humanisme en plus, notamment celui du comte Savinien de Kerfadec. 

Après avoir fait mon petit couplet « Vive le Roy », bien regonflé par le mariage de leurs altesses royales le duc et la duchesse de Cambridge, puis-je dire aujourd’hui que je suis royaliste? J’ai fait mienne une des phrases de Monsieur de Tocqueville: « Royaliste de coeur, républicain de raison ». L’idée que je me fais de la monarchie est bien trop idéale, et surannée, pour qu’elle soit aujourd’hui réalisable. Or je ne puis concevoir une monarchie en France autrement que comme je la rêve. Non que j’ai raison mais pas loin…Et puis il y a le sacro-saint sens de l’Histoire. Tocqueville avait raison, la République, en France, est inéluctable. Alors faisons avec. Puis au final le plus important n’est pas le système mais la patrie! Tant que ceux qui la composent sont heureux… 



La nuit

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Vous avez sans doute, pour la plupart d’entre vous, lu Si c’est un homme de Primo Lévi. J’avoue n’avoir jamais été très enthousiaste à l’idée d’entrer dans ce genre de littérature. Il faut dire que la Shoah on en mange à toute les sauces quasiment du collège au lycée quand ce n’est pas au quotidien. Bref rien qui ne donne envie, en tout cas pour moi, de découvrir l’étendue de ce désastre au sein des consciences de l’humanité. Un déjeuner avec une amie et un échange de bonnes lectures indispensables m’ont convaincu de lire le dernier bouquin qu’elle avait découvert sur ce sujet.

Il s’agit de La Nuit d’Elie Wiesel.

Né en Transylvanie, Elie Wiesel est arrêté avec sa famille en 1944. Il est déporté à Auschwitz, puis à Birkenau. Sa vie, et celle de son père (il perd de vue sa mère et ses soeurs) n’ont plus pour seul but dès ce jour que de survivre. Survivre de la mauvaise nourriture et de la sous nutrition, du froid, du travail, des ss, des kapos, des autres prisonniers tout simplement. Sans doute n’apprendrez vous rien. Mais le témoignage est magnifique, poignant et impressionnant.

Il est magnifique parce qu’ici la mort est poétique, si l’on me permet cette impression, malgré une violence extrême et banalisée. Je n’y peux rien. Le style d’Elie Wiesel est réellement poétique. Même pour décrire les pires choses. Bien sûr il y a des moments insoutenables. Certains même, comme la pendaison de ce jeune adolescent, qui obligent à fermer le livre pendant un moment tant l’accumulation des descriptions devient insupportable. Il est magnifique aussi parce que ce livre est un véritable parcours mystique, celui d’Elie Wiesel. Jeune juif pratiquant, intéressé par la cabale, qui finit par être en colère contre Dieu, et pire même: à douter de Lui. 

Mais quelque chose me dérange. Et pas seulement la violence présente. Ou plutôt me fait poser des questions. Questions sans doute absurde tant les réponses peuvent être naturelles. Comment un homme, malgré tout ça, peut finir par souhaiter la mort de son père et le penser comme un soulagement? Comment penser à manger alors que l’on tue devant soi ses amis? Comment peut on en arriver à devenir lâche lorsque son père se fait frapper? Car c’est tout ça aussi que décrit Wiesel. Toutes ces attitudes dont il n’est pas fier mais qu’il accepte comme une obligation pour survivre. 

« Je voulais me voir dans le miroir qui était suspendu au mur d’en face. Je ne m’étais plus vu depuis le ghetto. Du fond du miroir, un cadavre me contemplait. » Et combien d’hommes, comme Wiesel sont revenus de là inertes, sans aucune flamme pour les faire vivre intérieurement? Au fond survivre aura-t-il servi à quelque chose? 

Sans doute oui… pour raconter tout ça et pour espérer que l’homme s’interdise à jamais de faire ça. 

Une autre petite chose m’a gêné dans l’écriture. Dans la préface, Wiesel raconte que dans cette nouvelle traduction il a changé certains éléments car après relecture il trouvait qu’ils ne correspondaient pas forcément à ce dont il se souvenait. Soit. C’est là sa liberté d’écrivain et de témoin. Seulement un certains nombre de questions doivent être posées par honnêteté je crois. A-t-il fait ça parce que ce n’était réellement pas la vérité? Pourquoi près de cinquante ans après la première édition son souvenir serait plus juste que lors de la première écriture qui était juste dix ans après les événements? Les éléments changés ne l’ont-ils pas été uniquement par un excès de pudeur lié à sa foi ou ses sentiments? Ou autre chose… Je me suis posé ces questions car les éléments changés qu’il prend lui même en exemple concernent des actes sexuels. En soit cela ne change rien à la grande qualité du livre mais je trouve que ça a le mérite de poser la question du rapport entre l’écriture, le souvenir et la morale. C’est sans doute un réflexe méthodologique d’étudiant en histoire… Prenez juste ça comme une petite parenthèse donc, malgré la longueur de ce paragraphe !  Et sans profonde utilité.



Pauvres journalistes. Ils n’auront jamais eu autant de travail que cette semaine. En plus que des bonnes nouvelles à commenter. On va friser la déprime post-bonheur à force…

Bah oui parce que vendredi nous avions le superbe mariage de leurs altesses royales le duc et la duchesse de Cambridge devant quelques deux milliards de personnes.

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Dimanche Sa Sainteté le Pape Benoît XVI béatifié Jean-Paul II (JP two pour les intimes) après un procès éclair et ce devant un flot de pèlerins assez impressionnant.

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Enfin aujourd’hui nous apprenions la mort du triste Oussama Ben Laden.

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C’est presque immorale, impudique et lassant tant de bonnes nouvelles en si peu de temps! A quand le retour de l’annonce des malheurs du monde: la fonte de la calotte glacière, la mort des enfants en Afrique, le la disparition des mouches rouges à cornes de boeufs du Lesotho, etc… ?



Monsieur Stroh

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Dans les photos de famille, j’ai retrouvé celle de cet homme très élégant. Dessus était écrit : 

 » En souvenir d’Henri Stroh, mort pour la France, déporté en Allemagne, disparu en 1945. A Paul et Elia Escat, amicalement ». 

Surpris voyant les noms de mes arrières grands-parents sur ce carton j’ai donc demandé des explications à ma grand-mère. Lesquelles histoires me sont ensuite revenues en tête.

Henri Strogh n’était ni juif, ni vraisemblablement un grand résistant si j’ai bien compris. Il était juste un ingénieur des mines alsacien réfugié en Périgord depuis le début de la déclaration de guerre. Avec son épouse ils avaient acheté une grande propriété sur laquelle ma famille était métayer. A partir de 1942, la zone libre où ils habitaient devient zone occupée. D’après ma grand-mère il aurait été arrêté par les soldats allemands parce qu’il refusait de travailler pour eux en tant qu’ingénieur. Il ne reviendra plus jamais.

Sa femme vécut seule dès lors dans leur propriété. Seule comme beaucoup de femmes à cette époque là. Mon arrière grand-père étant prisonnier en Allemagne et ne revenant qu’en 1945, son épouse, Elia gérait la métairie, elle aussi seule, avec ses deux filles dont ma grand-mère. Contrairement à la ville, les habitants des campagnes mangeaient à leur faim. Combien de familles m’ont raconté que les armoires étaient pleines de conserves en pleine guerre. Bref c’était aussi le cas chez mon arrière-grand-mère. Un jour des soldats allemands arrivèrent à trois ou quatre dans la maison, trouvèrent de quoi manger et commencèrent à charger leur voiture. Je revois encore ma grand-mère me raconter cette histoire avec des yeux qui brillent et pleins de fierté. Sa mère lui dit d’aller vite prendre son vélo et d’aller chercher la patronne, Madame Stroh, pour la prévenir. Celle-ci arriva magnifique dans sa grosse décapotable et leur parla en allemand. Il paraît que les soldats se sont mis au garde-à-vous et ont tout reposé sur la table. Sans doute avaient-ils cru qu’elle était la femme d’un officier! 

Je ne sais pas si cette histoire est vraie. Mais elle est belle et c’est un moyen de rendre hommage à ces gens dont ma grand-mère m’a maintes fois parler et pour qui notre famille avait beaucoup de respect et d’amitié malgré la barrière patron/domestiques. C’est aussi un modeste hommage à tous ceux qui ont disparu dans les camps de la mort sans qu’on ne les retrouve jamais et pour lesquels parfois même les photos de famille n’existent plus. 

 



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